[Notes de lecture] Practice theory, Work & Organisation, de Davide Nicolini

Salut tout le monde !
Dans le cadre de mon projet de recherche, je vais être amené à lire plein de trucs passionnants en sociologie, sciences de gestion, théorie de l’information, informatique etc.
Je vais prendre des notes et me dis que je pourrais les partager ici, histoire de vous en faire bénéficier !

Le premier bouquin (en fait le second mais j’y reviendrai) que je lis, s’appelle « Practice theory, Work & Organisation », de Davide Nicolini.
Il constitue une introduction aux théories des pratiques lesquelles proposent d’analyser le monde social, ses structures, ses institutions, ses dynamiques, ses évolutions à partir des pratiques des agents.

J’ai à peine commencé, je trouve ces approches réjouissantes … Bonne lecture !

Référence du bouquin : Nicolini, Davide. Practice Theory, Work, and Organization: An Introduction. First Edition. Oxford: Oxford University Press, 2013.

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Préambule

Dans ce livre, Nicolini met en correspondance les principales théories sociologiques autour des concepts de Pratique, travail, activité, organisation avec leurs fondements philosophiques. Il les illustre ensuite par leur mise en oeuvre dans l’analyse d’un terrain empirique, ce qui doit être passionnant.
L’objectif de la lecture du bouquin va être de bien assimiler les différentes théories et leurs fondements philosophique et de remplacer , en guise d’exercice pratique, son terrain de recherche par mes terrains de recherche !

1. Introduction

« Practice theories constitute, in fact, a rather broad family of theoretical approaches connected by a web of historical and conceptual similarities. » p.1

1.1 What is new ? The affordance of practice theories

« Phenomena such as knowledge, meaning, human activity, science power, language, social institutions and humain transformation occur withinand are aspects or components of the field of practices » Schatski 2001, p.2

Trad. « Dans cette perspective, le monde social apparaît comme un vaste assemblage de performances [individuelles] rendues durables par leur inscription dans des corps et des esprits humains, dans des objets et des textes, et noués ensemble de telle sorte que les résultats de chaque performance deviennent une ressource pour une autre.
De la sorte, les théories de la pratique offrent potentiellement une nouvelle vue sur les toutes les choses de nature organisationnelle (et sociale). L’attractivité du « langage » de la pratique " prend racine dans sa capacité à raisonner avec notre expérience contemporaine du monde qui est de plus en plus « en flux », interconnecté, un monde ou les entités sociales apparaissent comme le résultats de machinations complexes et de processus continus, et dans lequel, les frontières entre les entités sociales sont de plus en plus difficiles à dessiner.
Quand on entre dans un bureau, dans un supermarché, ou dans un hôpital, il est de plus en plus difficile de penser ces entités comme les résultats de la mise en oeuvre d’un plan d’action détaillé, ou comme une entité unique avec des frontières bien délimitées telles que les pensent les approches traditionnelles (structuro-)ménanistes ou (systemico-)fonctionnalistes des organisations. » p.2

Les théories des pratiques permettent de sortir des approches dualistes de type acteur / systeme, social, matériel, corps / esprit, théorie / action … p.2

Les approches basées sur les pratiques sont radicalement différentes [des approches sociologiques classiques] sur au moins 5 points :

  • 1- Elles mettent au premier plan l’importance de l’activité, de la performativité et du travail dans la création et la perpétuation de l’ensemble des aspects de la vie sociale : Il y a toujours un effort de la part de quelqu’un ou quelque chose, qui produit et est produit en retour, de manière récursive. Les structures sociales sont ainsi temporelles, elles peuvent s’effondrer le processus récursif se brise. Ces approches invalident ainsi les théories dualistes consistant à doter d’autonomie existentielle des choses comme les superstructures (ou les idées platoniques). Les théories de la pratiques sont fondamentalement relationnelles.
  • 2- Elles mettent également au premier plan les corps et les choses matérielles dans la production du social.
  • 3- L’homo practicus des théories de la pratique est conçu comme un corps-esprit qui porte mais également réalise des pratiques sociales. A la différence de homo economicus qui est un « décideur semi-rationnel » et de homo sociologicus qui est un « suiveur de normes jouant un rôle social ».
  • 4- L’approche par les pratiques transforme radicalement notre perception de la connaissance, du sens et du discours qui deviennent le fruit de processus contextualisés dans un environnement mutlidimensionnel (idéel, socio-culturel, matériel etc.) et interagissent avec lui
  • 5- Le réel est politique en ce qu’il fait en permanence interagir les intérêts des individus (humains et non humains ?) qui le composent.

Les théories de la pratiques ont ainsi les caractéristiques suivantes :

  • Elles prennent les pratiques (et non les praticiens) comme unité d’analyse basique / élémentaire
  • Elles considèrent que les pratiques sont performatives : elles produisent du sens, de l’identité, de l’organisation …
  • La cognition et la production du sens sont perçus comme des phénomènes émergents, issus des pratiques
  • Les pratiques s’enracinent dans des activités discursives et matérielles, des corps, des artefacts, des habitudes, des préoccupations qui font la vie des organisations et de leurs membres
  • L’apparente stabilité et durabilité des organisations et des institutions est perçue comme la résultante d’un renouvellement perpétuel d’un travail matériel et discursif.
  • Les pratiques discursives sont centrales dans la reproduction du monde social et des organisations
  • Le monde est conçu de manière relationnelle, sous la forme d’un réseau de pratiques

Commentaires Guillaume

Faciliter

Dans le cas de nos terrains de recherche SITI Chemins de la Transition Projet de recherche, partir des pratiques conduit à situer la naissance de ces projets avant même qu’ils n’existent :

  • Un système d’information territorial interopérable au service de la transition et de la résilience des territoires existe déjà, par la force des choses, parce qu’il ne pourrait pas ne pas être.
  • De très nombreux gens, en parcourant la France et le monde à pied, en train, en stop ou à vélo, à la rencontre des acteurs de la transition pour apprendre à leur contact, font déjà les Chemins de la Transition.
  • Les acteurs de la recherche interopèrent déja leurs travaux de recherche en vue de produire de l’intelligence collective, par le biais des bibliographie et de toute une série d’autres mécanismes (les coloques, les apéros, les lectures et l’engrammation de la pensée des autres)

Partir des pratiques nous incite à simplement à faciliter, par des dispositifs socio-techniques, un certain nombre de processus et d’activités en vue d’en augmenter l’efficience, la massification et l’impact.

Comprendre par les pratiques

Décrire et comprendre nos terrains de recherche par les pratiques devrait être passionnant !

Pair ontologie Glossaire

Le concept de Pratique est décidément particulièrement intéressant … J’y avais pensé en alternative au concept de moyen dans la boite de droite, en lien avec enjeux et finalités … La découverte des théories des pratiques m’incite à creuser cette voie …
On aurait ainsi des finalités, des problèmes et des pratiques soit des actants (au sens de Latour je crois), immatériels, noologiques.

Valeur travail (et valeur du non travail ?)

Les théories des pratiques consacrent finalement la valeur travail et le rôle majeur des individus en tant que moteurs du monde social-historique. Sont-elles dès lors de droite ou de gauche ?
Selon https://degaucheoudedroite.delemazure.fr/, « théorie des pratiques » c’est de droite :slight_smile: Effectivement elles semblent plus pencher du côté de l’individualisme que du holisme méthodologique.

Cependant « théories des pratiques », c’est de gauche : En effet, il n’y a pas une théorie mais des théories et l’on trouvera sans doute dans la suite du bouquin des pensées et théories de gauche basées sur les pratiques (le matérialisme historique de Marx, la praxeologie de Bourdieu par exemple?)

Elles consacrent donc la valeur travail, qui produit et transforme le monde. Mais à la manière de Paul Lafargue (gendre de Marx), ne pourrions nous pas faire un pas de côté, et nous intéresser à son symétrique inverse, à savoir le non-travail et pourquoi pas la non-pratique ? Seraient-ils, appliqués aux humains, également susceptibles de transformer le monde, en le réensauvageant, en permettant justement aux non humains de reprendre une bonne place dans le travail de production du monde social-historique ?

Biomimétisme

En lisant sur la théorie des pratiques, j’ai encore une fois l’impression qu’on se rapproche encore un peu plus d’une compréhension des phénomènes sociaux comme phénomènes vivants. La biologie cellulaire a compris depuis un bail les processus d’interaction et de rétroaction entre un corps et ses parties, entre un individu et son espèce, entre un individu et son contexte (épigénétique). L’écologie (scientifique) a de son côté également compris entre un individu (ou son espèce) et son milieu.

Individu du 3ème type

Hâte de voir si les théories des pratiques s’intéressent aux pratiques des personnes morales (ou individus du 3ème dans la terminologie d’Edgar Morin).

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Avec la possibilité de trouver des correspondances de concepts entre disciplines.

Et de le traduire sous forme de programmation.

Usant aussi de notions de (socio)cybernétique / sciences systémiques ?

( Comment ces termes se positionnent ils par rapport à agent based modeling, reinforcement learning, … ? )

Reinforcement Learning → Pratique avec finalité ?

Les pratiques deviennent elles des agents ? Des algorithmes ?

Suggestion: remplacer la notion de travail par intelligence

Intelligence → adaptive behavior:

" the ability to perceive or infer information, and to retain it as knowledge to be applied towards adaptive behaviors within an environment or context. " ( Wikipedia )

Sinon, pour ce qui est de gauche vs droite, ma définition déconnectée de références :

La droite = mentir/donner/transformer/corrompre des signaux de sorte qu’ils soient (logiquement et factuellement ) incorrects, usant ou préservant des biais et raisonnements fallacieux de sorte à justifier l’externalisation des coûts négatifs - et maintenir une structure existante au détriment des autres agents et de l’environnement

→ maladaptive coping → parasitisme → des bugs qui exploitent beaucoup de ressources → mort de processus qu’ils peuvent contenir

La gauche = permettre des feedback loops, tenter d’apprendre et développer des solutions et une cohérence en intégrant des paramètres / internalisant les coûts.

→ processus créatif → intelligence → alimenté par des processus plus abstraits / meta

Selon cette définition, la soi disant gauche autoritaire n’est pas de gauche.

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Merci @dante pour ces ouvertures de perspectives !

Suite ci-dessous des notes de lecture :wink:


  • 1.2 There is no such a thing as a unified practice theory

    • Les théories des pratique se distinguent des approches structuro-fonctionnalistes et des approches interactionnnistes.
    • « La grande promesse des approches en termes de pratiques est d’expiquer les phénomènes sociaux de manière processuelle sans perdre de vue la nature banale des activités de tous les jours, et la nature concrète et matérielle de ces activités, dans lesquelles nous sommes tous impliqués ». p.9
    • Il existe 6 grande branches de la théorie des pratiques
    • Glossaire théorie des pratiques
    • Une définition possible : « [Une pratique est une] forme cohérente, complexe et socialement établie, d’activité humaine coopérative » Mac Intyre, 1981, p.187
    • Un consensus : Les pratiques sont des unités molaires, ce sont des « touts » complexes composés de plus petits éléments.
    • Des exemples de pratiques
      • S’asseoir correctement à table (Cf Sociologie de Bourdieu)
      • Le trading sur les marchés financiers
      • Le végétarianisme
      • Les expérimentations scientifiques
    • Analyser des contextes sociaux ou organisationnels à l’aide de la théorie des pratiques :
      • Suppose d’en connaitre la diversité des approches pour identifier quelle est la plus pertinente
      • Ou peut supposer l’usage combinatoire de plusieurs d’entre elles
  • Commentaires Guillaume

    • On retrouve une forme d’approche systémique dans le consensus sur le fait que les pratiques sont des touts constitués d’éléments plus petits … Approche également présente dans le Modèle PAIR
      • On l’a déjà évoqué, on pourrait utiliser le concept de pratique en alternative à celui de moyen dans Pair ontologie.

      • Si on s’inscrit dans l’idée qu’une pratique est une émergence organisationnelle composée d’éléments plus petits en interaction, alors, un PAIR (soit un ensemble ou système de P.A.I.R interconnectés) pourrait être une pratique mais cela n’aurait pas beaucoup de sens.

      • Tel qu’on le conçoit actuellement, une Pratique serait un élément du Modèle PAIR et de Pair ontologie, au même titre que les autres éléments du modèle et de l’ontologie… Cela tient je crois au fait que dans notre approche :

        • tout élément peut-être considéré comme un système si l’on change d’échelle et de contexte ;
          • Ex (évident) : Une transaction financière, informatisée ou pas (élément du trading sur les marchés financiers) constitue un système méga complexe composé de Protocoles, Artefacts etc.
        • tout système peut-être considéré comme un élément si l’on change d’échelle e de contexte.
          • Ex (évident): La pratique « expérimentation scientifique » fait partie d’un tout qui la dépasse, par exemple, un projet de recherche.
        • Le monde réel est perçu de manière « fractale », des principes structuraux invariants se retrouvant à différentes échelles, dans différents endroits, à différentes époques …
        • Il sera sans doute intéressant, en tout les cas, de définir une Pratique comme un ensemble de PAIRs en interaction.
  • 1.3 Practice theories and the study of work and organization

    • Deux approches possibles pour la théorie des pratiques (selon Bloor, 1976)… La faible (la mauvaise) et la forte (la bonne)
      • La faible : On décrit, point barre et « so what » ?
      • La forte : On explique les questions et dynamiques organisationnelles en termes de pratiques : Comment sont-elles générées, comment s’expriment-elles à travers les différents contextes et les époques ?
      • Pas de point de vue neutre, besoin de porter un regard analytique sur les observations descriptives;
    • Elles constituent un nouveau paradigme en sociologie … Mais il faut choisir l’approche forte.
  • Commentaires Guillaume

    • L’impression que les théories des pratiques analyse le monde social de manière symétriquement inverses à celles des institutions : Elles s’intéressent au détail, à l’élément, au micro etc, là où les théories (Néo-)institutionnalisme, Systémique, Holisme etc. s’intéressent au système, au tout, au macro etc. Au final, j’ai l’impression que c’est une approche potentiellement intéressante mais aussi potentiellement débile dans la mesure où elle pourrait consister à voir, l’onde PLUTÔT QUE le corpuscule, ou alors, l’individu PLUTÔT QUE l’espèce, alors qu’il faudrait voir l’onde ET le corpuscule, l’individu ET l’espèce etc.
      J’aurais ainsi tendance à mobiliser la théorie des pratiques, en complément des théories néo-institutionnalistes / systémiques / holistiques etc., afin d’analyser le monde social, les organisations etc. dans une perspective complexe …

Autre que l’exercice de définition pair à pair,

Il est intéressant de comprendre les parallèles avec des languages de programmation actuels déjà mises… en pratique,

des ontologies déjà mises… en pratique.

Et de consolider une théorie de pratiques forte et des outils y liés ( ontologies, langues de programmation )

On devient « self referential ».

An emergent, impredictive approach? The hand drawing the hand?

Tools describing interactionist feedback loops and at the same time contributing and becoming a part of such emergent… process.

We might describe emergence as a process, but how do we describe an emergent process? ( There are some clues and a potential typology of emergent processes, although we may observe it more than we consciously create it? )

Can we better observe it by describing constructs that make processes?

I remember, perhaps 14 years ago, discussing with Bauwens what the state might actually be.

He seemed to define it as an institution thats exists as such.

I saw it as something that doesn’t exist in itself, but is more of a « state of power dynamics », and not necessarily as an entity by itself.

Can a different « state » emerge from different self referential and contextualizing tools, ultimately leading to more informed choices and decisions from a larger set of coordinated and interacting agents, in a constant stigmergic set of interactions, not necessarily between agents, but between agreements.

Its interesting to understand what kind of practices as protocols there might be. Practices that define or enable interactions. And what happens when it is constantly re-created and is not necessarily based on a reproduction. ( we can also observe it with AI communicating with each other and creating languages that we as humans don’t understand or do not understand at the moment when AI’s can already make use of it )

So back to the programming aspect of it.

The components. What can we learn from semiotics, linguistics, different forms of logic.

Are you trying to create a new kind of ontology?

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Merci encore @dante de partager ces passionantes réflexions !

Au sujet de « PAIR », je ne sais pas si on en avait parlé, pour moi, avant d’être une ontologie ou un système technique, c’est un modèle d’interaction ou un mode d’organisation pour le monde social.
J’ai commencé à décrire le modèle PAIR à la page 17 de ce doc, ca devrait t’intéresser (je crois) !

La dimension technique (avec ses langages de programmation, logiciels et ontologies associées) ne vient que pour rendre possible ou empuissancer ce modèle d’interaction ou d’organisation (Le mode d’organisation pouvant alors structurer des modes de production, d’échange, de consomation etc.).

Elle est un moyen au servie d’une fin donc … Mais encore faut-il bien déterminer la fin, sa nature, ses enjeux… C’est l’une des questions clés du projet de recherche, c’est pour ça que j’en parle souvent, bien qu’en effet, il y ait plein d’autres modèles et systèmes techniques allant dans le même sens et plus avancés.

Les questions que tu poses à propos des processus émergents, de la manière dont ils engendrent jour après jour,des institutions et de la possiblité d’un état / institution stigmergique sont passionantes.
Tu devrais les creuser et pourquoi pas structurer tes visions non ? C’est un poil différent de l’objet de on projet de recherche même si je suis sûr que ca va dans le même sens !

1.4 The content and structure of the book

Le résumé ultime …

2 - Praxis and practice theory : A brief historical overview

2.1 - The legacy of greek classical thought aned the demotion of practice in the western tradition

  • Dewey considère que la philosohpie grecque, et Aristote particulièrement a introduit une distinction fondamentale entre théorie et pratique, ainsi qu’une dévalorisation des pratiques
  • Une autre perspective, moins connue, consiste à voir Aristote, dans l’Ethique à Nicomaque, comme celui qui a pensé la praxis comme une forme à part entière de la connaissance, avec sa propre logique et sa propre légitimité.

2.1.1 - Plato’s intellectual legagcy

Les pratiques découlent des idées … Principe top-down… Pas d’autonomie de la sphère des pratiques, pas de processus émergents, ascendants, instituants etc.

2.1.2 - Aristotle on praxis

3 dispositions clés de l’intellect :

  • Episteme : Connaissances scientifiques
  • Phronesis : Sagesse pratique
  • Techne : Rationalité instrumentale

Autres notions clés

  • Praxis : Faire, agir
  • Poiesis : Fabriquer, accomplir, dans la matière
  • Il y a une différence entre phronesis et praxis et entre techne et poiesis :
  • Aristote propose ainsi de conférer à la « Praxis » le statut de forme de connaissance indépendante, digne et légitime.
  • La praxis et la sagesse pratique qui la permet ne découlent "refers in fact to a non-inferrential & non-deductive form of knowledge : Elle est autonome.

Commentaire Guillaume (Hypothèses Hors piste)

  • Si le modèle PAIR ne peut fonctionner sans la notion de projet, et d’intention qui la sous-tend, on peut se demander pourquoi l’univers tout entier ne serait-il pas doté d’intentionnalité ? Peut-on concevoir une notion d’intentionnalité universelle, dont découlerait, en se complexifiant, les formes d’intentions que l’on observe dans le monde vivant, de l’élan vital ou de l’hubris en passant par les projets et les orientations stratégiques ?
  • Dans quelle mesure l’expérimentation d’un dispositif socio-technique basé sur le modèle pair, et convaincant, pourrait conduire à l’émergence de nouvelles structures sociales pouvant faire l’objet d’un processus de théorisation, conduisant à l’émergence de nouvelles idées …
  • Oui d’abord il y avait le modèle, oui mais avant il y avait idées mix, oui mais avant il y avait Morin et les systèmes complexes …

2.2 - The demotion of pratice in the western tradition

  • Au cours des siècles qui ont suivi, l’importance et la légitimité du concept de praxis ont été oubliées.

2.3 La redécouverte de la pratique : Marx, Heidegger, and Wittgenstein

2.3.1 - Marx

  • C’est une figure historique de la théorie des pratiques, du matérialisme et des approches bottom-up
  • "In direct contrast to german philosophy, which descends from heaven to earth, here we ascend form earth to heaven. Marx, dans L’idéologie allemande
  • Définition de la pratique dans laquelle se retrouverait Marx : « a relatively homogeneous human activity which can take many forms and can range from bodily labour of the most humble sort to political revolutions »
  • « Les circonstance font les hommes autant que les hommmes font les circonstances »
  • On ne peut pas comprendre les actions ou les idées sans les mettre en relation avec le système de pratiques sociales dans lesquelles elles s’inscrivent.
  • Epistémologie Recherche-Action « […] one can also interpret it as a broader episteological proposition; i.e the need to engage practically as cognitively with phenomena in order to understand them ».

2.3.2 - Nietzsche, Heidegger, and the primacyof practice in the phenomenological tradition

  • L’autre grande source d’inspiration de la théorie des pratiques
  • « According to « everydayness », the basic ontological dimensionof our being in the world is, in fact, meaningfully structured by a texture of social and material practices that remain unthought of as such, but that we more or less share in common. »
  • fr : « Selon la « quotidienneté », la dimension ontologique fondamentale de notre être au monde est, en fait, structurée de manière significative par une texture de pratiques sociales et matérielles qui restent impensées en tant que telles, mais que nous partageons plus ou moins en commun. »
  • Notre première relation au monde ne passe pas par la voie de représentations signifiantes mais plutôt par des activités pratiques et leur sens commun
  • Besides positing practice as the basis for explainning intelligibility and rationality, in Being and time Heidegger offers some other fundamentals insights into the nature of practice :
  • Super individual although not properly social : dasein (the condition of being in the world) mit (avec) dasein
  • Affects and emotions
  • Temporal diension
  • Signs and discursive practices
  • Il y a dans l’approche phénoménologique et particulièrement chez Heidegger, le projet de renverser la tradition cartésienne et de faire des individus, des sujets dépendants de tissus de pratiques sociales …

Commentaires Guillaume

  • Phénoménologie : « Je suis donc je pense » plus ou moins … Un argument clé pour les démarches de Recherche-Action
  • Quel impact du beau et du laid sur les pensées et les consciences ? L’esthétique du monde d’avant et celle du monde d’après ne doivent-elles pas nous aider à penser ?
  • Intéressant de penser les filiations : Rien de nouveau sous le soleil, il faut historiciser les innovations, les inscrire dans le tissu de leurs héritages et relativiser donc la valeur nette qui leur est attachée (dédicace à Bernard Arnault)
  • Intéressant de penser les filiations des filiations. J’ai l’impression à cet égard que la source des filiations se situe dans le monde physique, ses lois, ses dynamiques
  • PAIR : Un outil de production de phénomènes et d’analyse phénoménologique ?