La France choisirait-elle l'open-source ?

Hello,

Suite à une discussion avec mes collègues de Tours, il semble que certaines réflexions s’orientent, au sommet de nos institutions française, vers l’open-source, dans l’objectif de détenir des solutions « made in France », plutôt qu’être dépendant des américains.

Quelques articles récents :

« La Direction interministérielle du numérique (DINUM) a annoncé que d’ici l’automne 2026, l’ensemble des ministères français devront présenter une feuille de route pour engager une sortie progressive des systèmes propriétaires américains , au premier rang desquels figure Windows, au profit de solutions souveraines basées sur Linux. »

Je sens personnellement qu’il n’y a pas de généralité, et qu’il y a de tout dans l’air… A la fois des forces courageuses qui souhaitent aller vers l’indépendance, et d’autres, qui continuent de détruire l’industrie française…

Quel est votre avis sur le sujet ?
@johan , toi qui est proche de la DINUM ?
Que penser de lasuite.coop ? Lorsqu’on voit ce que le gouvernement fait avec la facturation électronique ? Peut-on croire cette super vidéo ?

LaSuite.coop : sortir des GAFAM, c’est possible | Qui possède vraiment vos outils du quotidien ? - PeerTube de LaSuite.coop

Tchin tchin, à votre santé numérique !
Le ton est donné en tous cas :slight_smile:

Yaya

Ce n’est pas tout à fait sur le même plan : la facturation électronique est une formalisation/industrialisation d’un process, alors que lasuite.coop est de l’ordre de l’outillage.

J’ai utilisé avec plaisir l’outil Visio qui marche bien pour moi.
Et nous sommes à Sparna en passe de sortir de Google Workspace vers KSuite d’Infomaniak, pour un coût équivalent, des services plus adaptés (je pense) et un gain de maitrise de nos données.

Pour la facturation électronique, je parle du fait que la France accepte que nos données partent n’importe où via open PEPPOL…

Il n’y a qu’à voir la liste des membres de la gouvernance :

C’est certainement le plus gros espionnage industriel du siècle !
La question est donc, pourquoi les européens accetent-ils cela ?
Que dit la CNIL ?

C’est ici que je vois un double discours, d’un coté du protectionnisme (ça, je trouve ça bien), et de l’autre, on vend nos données aux chinois… Donc on continue de déshabiller ce qu’il reste de l’activité de la France, voir de l’Europe…

On ne peut pas d’un côté réclamer plus de transparence dans les transactions financières et lutter contre les évasions fiscales, et de l’autre dire que des efforts de transparence internationale sur la facturation sont de l’espionnage industriel.
« Nos données » ? ce n’est pas « nos données » ce sont les données de facturation des entreprises.

Qu’est-ce qui te choque dans les membres de ce consortium ? je compte 5 chinois et environ 100 français.

Parce que la fraude à la TVA et d’autres types d’évasion fiscales sont possibles à cause du manque de transparence des circuits de facturation.

C’est de l’interopérabilité de données, je trouve curieux de critiquer ce genre d’initiative sur un forum de l’assemblée virtuelle.

Des chinois pour un portail européen… Si ça ne choque que moi, alors ok.

Disons simplement que je n’ai plus confiance en les gens qui nous gouvernent (France comme Europe)

Ou alors, j’aurais besoin de plus de garanties pour être sûr d’où vont NOS données, car dans des factures, il peut y avoir les données personnelles des clients, quel carrelage ils achètent, combien de nourriture on consomme, quel avocat travaille avec quel client, etc…
Mais même si ce ne sont que les données de toutes les entreprises européennes, et leurs fournisseurs, si ces données tombent entre les mains des autres grandes puissances, c’est là que je parle d’espionnage industriel de masse.
Tout ceci n’étant que la première étape, car après, les particuliers entreront aussi dans le jeu, certainement via l’euro numérique, et là, en effet, il n’y aura plus de place à la fraude, mais nous serons fliqués de partout, comme en chine.

Ce n’est que mon avis, et pour répondre à ta dernière question, pour moi, les questions concernant la gouvernance et la transparence de ce genre de serveur centralisé a tout a faire sur ce forum, car nous avons toujours voulu protéger les données des utilisateurs et ça devrait faire la une des journaux si vraiment on voulait de la transparence.

J’ai questionné beaucoup de pro, de comptables et ils ne connaissent meme pas l’existence de ce serveur et de ce consortium.

En tous cas, merci de prendre position ici, car c’est exactement ce que je cherche. Des personnes qui me diraient :
« mais Yannick, tu as tord de voir le mal partout, regarde, voilà un schéma d’architecture, tu vois, la sécurité est présente a tous les niveaux, c’est controlé par des intermédiaires indépendants et uniquement des européens, la CNIL a rendu un rapport favorable ainsi que la quadrature du net, et les chinois n’ont pas accès aux données, ils sont juste la parce que c’est la première puissance industrielle du monde, et on leur doit bien ça, car il faut bien qu’on soit ami avec une grande puissance vu qu’on perd notre lien avec les américains ».

Autre chose concernant la Facturation électronique, il semble que, pendant un moment, la France a voulu faire une plateforme centralisée (comme les italiens et la grèce ping @niko.plp ), mais que ce projet soit tombé à l’eau, suite à quoi ils ont conservés l’intermédiaire des logiciels de facturation, ce qui (contrairement à certaines politiciennes LFI) me semble une bonne chose pour la libre (?) concurrence, ou au moins, la conservation du marché, des emplois etc.
Cela me rappelle ce que j’ai vécu dans l’assurance maladie il y a 10 ans, sauf qu’à ce moment là, je pouvais vérifier la sécurité d’un peu plus près, travaillant au coeur du système de facturation (via la carte Vitale). Depuis, je pense que ca s’est aussi déterioré, car à l’époque les praticiens avaient des cartes CPS de sécurité, et lorsque j’ai arrêté, ils parlaient de revenir aux login/mdp, pour plus de simplicité…

En tous cas, si on revient au sujet du début, mon impression est qu’il y a à la fois du bon (du protectionnisme via l’open-source), mélangé à du moins bon (orientation vers un contrôle de masse). Je ne vois pas que du noir non plus :slight_smile:

Et je voulais savoir comment vous, vous voyiez / sentiez les choses.

@fluidlog De ce que je comprends d’OpenPeppol, c’est un standard d’interopérabilité qui permet justement à différents logiciels d’être compatibles avec la facturation électronique. Donc ce n’est pas choquant qu’il y ait un panel d’acteurs internationaux qui se soient réunis pour définir ce standard (comme cela se passe au W3C). Cela n’implique pas que les différents membres de PEPPOL partagent leurs données.

Par contre il est vrai qu’au final les factures vont être envoyées (en copie) au gouvernement et qu’elles seront stockées sur un serveur centralisé. Et quand on voit l’incompétence crasse des services des impôts qui, visiblement, n’ont aucun contrôle sur leurs données et découvrent les fuites après que les hackers les mettent en vente, il y a de quoi se faire du soucis (je ne mets pas de lien car j’imagine que vous avez tous entendus parler de cette fuite de donnée, dont les médias font l’écho non-stop depuis 3 jours)

C’est bien sûr un argument pour le chiffrement des données, qui est le seul moyen de lutter durablement contre les fuites (cf. mon webinaire sur le sujet :wink: …) Mais aussi pour la décentralisation en général, car si les fuites de données sont aussi gigantesques, c’est parce qu’il y a des serveurs avec des quantités massives de données.

J’ose espérer que ces fuites seront comme des grains de sables qui viendront perturber la machine à surveiller. Car il y a en effet une volonté, de plus en plus affirmée, de mettre en place un système informatique centralisé pour surveiller toute la population. Et l’identité numérique est la pièce maîtresse de ce système.

Concernant la DINUM, j’ai lu sur le Fediverse que le gouvernement envisageait de la fusionner avec un autre service afin de « renforcer la sécurité des services numériques de l’Etat ». Une belle annonce qui aura sans doute pour effet de désorganiser profondément ces services et de rendre nos données encore plus vulnérables.